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Impact sur l’approvisionnement alimentaire

Impact au niveau de l’agriculture

Au cours des 40 dernières années, la production agricole s’est accrue partout dans le monde grâce aux importants progrès technologiques dans le domaine de la reproduction, de la lutte contre les parasites et les maladies, les engrais et la mécanisation.

Mais les plantes -y compris celles cultivées à des fins agricoles- dépendent en bonne partie pour leur croissance de facteurs tels que la température, les précipitations et les concentrations en CO2. Les plantes absorbent en effet du CO2 via leur feuilles, CO2 qu’elles transforment -tout comme l’eau captée par leurs racines- en sucres sous l’influence de la lumière solaire grâce au processus de la photosynthèse. Cette réaction chimique est influencée par les températures. Des changements intervenant dans le climat peuvent donc avoir une influence énorme sur l’agriculture :

  • En Europe, la saison annuelle moyenne de croissance a augmenté d’environ 10 jours entre 1962 en 1995. Ce phénomène, couplé à des températures plus élevées et une augmentation des concentrations en CO2 a conduit à une amélioration de la productivité des plantes. La biomasse végétale (la quantité de matière végétale) a également augmenté de quelque 12 % au cours de cette période.
  • Ceci n’est cependant valable que dans les régions où la température est un facteur limitatif pour la croissance des plantes. C’est en Scandinavie et dans le nord de la Russie - où l’on prédit un allongement de la période de croissance des plantes de l’ordre de 30 % au cours des cent prochaines années - que la productivité végétale connaîtra la plus forte augmentation.
  • Une augmentation de la productivité liée à une augmentation des concentrations en CO2 a déjà été constatée pour la plupart des espèces agricoles commerciales en Europe, parmi lesquelles le froment, le seigle, l’avoine, les pommes de terre et le riz, mais elle est moins visible en ce qui concerne par exemple le maïs. Mais inversément, les concentrations plus élevées en CO2 entraînent une perte de qualité, c’est-à-dire une teneur inférieure en protéines et d’autres éléments.
  • Le réchauffement entraînera cependant une augmentation de quelque 13 % des risques relatifs aux stress liés à la sécheresse, par exemple en Europe du Sud-est, dans des régions où le manque d’eau constitue déjà un facteur limitatif à l’heure actuelle. Même si l’allongement de la période de croissance atteindra 8%, le bilan global restera négatif.
  • Le changement climatique entraîne par ailleurs des risques accrus de mauvaises récoltes suite à :
    • une fréquence accrue des conditions météorologiques extrêmes (sécheresses et inondations). C’est ainsi que la vague de chaleur de 2003 a provoqué la plus forte baisse dans les récoltes agricoles enregistrée en Europe depuis 43 ans. De nombreuxs pays enregistrèrent des pertes de l’ordre de 30 % (comme la France, l’Autriche, l’Italie, le Portugal, la Grèce…), ce qui ne fut pourtant pas le cas au Danemark ni en Finlande,
    • un risque accru de propagation des maladies affectant les cultures.
  • dans les régions côtières, de nombreuses terres agricoles seront perdues suite à l’élévation du niveau des mers et à la salinisation des sols.

On peut prévoir dans l’avenir les phénomènes suivants résultant du changement climatique :

  • augmentation des récoltes pour la plupart des cultures dans les décennies à venir (pour le blé, entre 9 et 35% d’ici 2050),
  • différences régionales : augmentation des récoltes dans de nombreux pays d’Europe, surtout en Scandinavie (3 à 4 tonnes en plus par hectare), mais diminution des récoltes par exemple dans le sud de l’Espagne et du Portugal, où le niveau des précipitations se montrera un facteur encore plus limitatif. C’est surtout dans l’hémisphère sud que la diminution de la rentabilité agricole sera la plus marquée,
  • extension des zones cultivables vers le nord. En Finlande, par exemple, une augmentation des températures de l’ordre de 1°C entraînera une extension des zones agricoles de 100 à 150 km vers le nord. Au sud par contre, la culture de certaines plantes devra probablement être arrêtée,
  • arrêt de la culture de certaines plantes dans certaines régions, suite au glissement des zones climatiques,
  • avancement de la date des semis pour de nombreuses cultures, par exemple de 5 à 25 jours pour le blé,
  • augmentation de la productivité de nombreuses cultures suite à de plus fortes concentrations en CO2, mais augmentation qui sera en partie annulée par l’augmentation du nombre de maladies.

Impact au niveau de la pêche

De façon similaire à l’augmentation des rendements agricoles sur la terre ferme, les concentrations accrues en CO2 dans l’eau de mer entraîneront une augmentation de la croissance des algues, tandis que l’échauffement des eaux conduira à un allongement de leur saison de croissance.

  • La biomasse (quantité totale) de ce “phytoplancton” a considérablement augmenté au cours des dernières décennies, par exemple dans certaines zones de la mer du Nord et de l’Atlantique du Nord-est. Alors qu’à la fin des années 40, la plus grande partie de la production se limitait au printemps et à l’automne, depuis la fin des années 1980, elle s’est étendue aux mois d’hiver et d’été. Dans les années 90, la biomasse durant les mois d’hiver a même augmenté de 97 % par rapport aux moyennes.
  • Dans les régions côtières, l’augmentation de la croissance des algues doit également être attribuée aux concentrations plus élevées en substances nutritives (azote) provenant des activités humaines sur la terre ferme (utilisation d’engrais dans l’agriculture, eaux usées, industrie, transports, etc.).

Ces changements dans la croissance des algues semblent être à l’origine de changements dans la composition des populations de poissons et des glissements observés dans les zones de distribution de ces espèces (étant donné que les algues se propagent vers des régions plus froides situées plus au nord), ce qui ne va pas sans entraîner des conséquences pour les activités de pêche.

 
 
Dernière mise à jour : 7/04/2009