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Impacts des changements climatiques en Belgique

1. Impacts sur le temps

2. Impacts sur la biodiversité


1. Impacts sur le temps

Dans notre pays aussi, des signes indiquent clairement que le réchauffement climatique est en marche. Et grâce à une longue série d’observations (depuis 1833) en région bruxelloise (à Saint-Josse-ten-Noode et surtout à Uccle), l’Institut Royal Météorologique (IRM) analyse les tendances dans notre pays.

Au niveau des températures :

  • Depuis le début des observations, la température moyenne annuelle a grimpé environ jusqu’à 2°C. L’impact du changement climatique se fait donc sentir d’une manière assez forte dans notre pays (la moyenne mondiale de l’élévation des températures s’élève à 0,74 °C). La hausse ne s’est cependant pas produite de manière régulière mais en deux sauts brusques d’environ un degré chacun, aux alentours de 1910 et à la fin des années 1980.
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  • D’après les analyses des températures minimales depuis 1900, il semble également que le dernier jour de gel (un jour avec une température minimale en-dessous de 0°C) de la fin de l’hiver se manifeste plus tôt dans l’année, alors que le premier jour de gel du début de l’hiver arrive plus tard. La période de gel devient donc plus courte.
  • Les années 1990 ont été la décennie la plus chaude depuis 1833, année de commencement des observations à l’observatoire d’Uccle.
  • Depuis le début de l’observation des températures, les 17 années les plus chaudes ont été enregistrées durant les vingt-quatre dernières années (à partir de 1989). Dix d’entre elles concernent… les onze dernières années ! (de 2002 jusqu’à 2012 inclus) !
Les 17 années les plus chaudes à Bruxelles-Uccle
température moyenne (en °C)
Annéet (°C)Annéet (°C)
201111,62199411,06
200711,52200511,03
200611,35200911,02
198911,26199510,93
200211,23200810,88
199011,21199710,76
200011,17200110,73
200311,14200410,68
199911,14
  • 2012 a été une année relativement normale avec une température moyenne annuelle de 10,59°C.
  • L’année 2007 a été une année de record absolu : la température annuelle moyenne de 11,5°C a été la plus élevée depuis le début des observations en 1833. Au printemps, la température a même dépassé de plus de 3 degrés la température normale saisonnière. L’automne 2006 et l’hiver 2006-2007 avaient également déjà battus un record.
  • Pour l’année 2008 – une année qui a bénéficié d’un relativement mauvais été – la température moyenne était de « seulement » 10,9°C, soit encore toujours 1,2°C au-dessus des valeurs normales du 20ème siècle, ce qui, en soi, était déjà considéré comme « très anormal ». De plus, c’était « très exceptionnel » que l’hiver n’avait comporté aucun « jour d’hiver » (aucun jour au cours duquel la température maximale ne dépassait pas 0°C).
  • Encore un récent record : le printemps météorologique 2011 (1er mars - 31 mai) a été le deuxième plus chaud depuis le début des observations de l’IRM (1833) avec une moyenne de la température de 12,2°C. L’IRM considère cette valeur record officielle comme « très exceptionnelle », ce qui revient à dire « 1 fois tous les 100 ans ». Le printemps le plus chaud jamais eu date de 2007 avec une température moyenne de 12,3°C. 2009 occupe la 3ème place avec une température moyenne de 11.2°C La température printanière moyenne (1981-2010) s’élève généralement à 10,1°C .
  • Le nombre de vagues de chaleur augmente considérablement depuis le milieu des années 1990 (une vague de chaleur est une période de 5 jours consécutifs au cours de laquelle la température maximale atteint chaque jour minimum 25°C et dans laquelle minimum 3 jours atteignent 30°C ou plus) : entre 1954 et 1990, on n’en avait enregistrées que 4, entre 1990 et 2008 au moins 12.
  • Depuis les années 1970, il y a aussi une diminution considérable des vagues de froid (une vague de froid est une période de 5 jours consécutifs au cours de laquelle la température minimale est négative chaque jour et la température maximale est négative au moins à trois reprises durant la même période).
  • La température moyenne à Bruxelles pour les cinq premières années de la dernière décennie (période 2000-2004) se situait à 1,2 °C au-dessus de celle enregistrée durant les cinq premières années des années 1970 : 17,7°C au lieu de 16,5°C.
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Températures diurnes moyennes pour la période juin-septembre entre 1970 et 2004
  • On prévoit que d’ici la fin de ce siècle, les températures estivales auront augmenté de 2,4 à 6,6 °C et les températures hivernales de 1,7 à 4,9 °C. Si les émissions de CO2 devaient se poursuivre au rythme actuel, les températures estivales dans notre pays ressembleront à celles que l’on connaissait au sud de l’Espagne à la fin du 20ème siècle ! Des températures extrêmes de 50 °C pourraient être atteintes ! Un été sur deux serait au moins aussi chaud que celui de 2003 !
  • Les écarts de température entre le jour et la nuit diminueront, étant donné que les températures nocturnes maximales augmentent plus que les températures diurnes maximales. En même temps, la couverture nuageuse augmentera et le risque de vagues de chaleur sérieuses et de précipitations abondantes en fera de même. Des événements météorologiques extrêmes comme les sécheresses et les tempêtes devraient en principe se faire plus fréquents (jusqu’à 30 % en plus de tempêtes d’ici 2050).

Au niveau des précipitations :

  • L’IRM a enregistré vers 1910 une importante augmentation (d’environ 7 %) des précipitations annuelles moyennes. Au niveau des saisons, une augmentation d’environ 15 % a été enregistrée pour les précipitations hivernales et estivales.
  • Parmi les onze années les plus humides depuis 1833 (début des observations à l’observatoire d’Uccle), dix se situent dans les 45 dernières années (à partir de 1960). Les deux années record sont 2001 et 2002, avec environ 1080 mm de précipitations par rapport à la moyenne de 980 mm.
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Précipitations annuelles à Uccle pour la période 1833 - 2012
  • Au niveau du nombre annuel de jours avec précipitations (quantité de précipitations au moins égale à 1 mm), aucune augmentation significative n’a été observée. A l’exception du printemps, où une hausse significative du nombre de jours avec précipitations a été détectée depuis le milieu des années 1960.
  • Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’y a pas eu d’augmentation du nombre de pluies orageuses estivales (jours avec des précipitations intenses de plus de 20 mm), même si les 3 valeurs les plus hautes de toute la série d’observations ont été enregistrées au cours des dernières années. Seules les stations proches du littoral ont observé une augmentation significative des précipitations extrêmes depuis les années 1980. Le fait que les tempêtes estivales aient causé pas mal de dégâts ces dernières années, est donc probablement dû à d’autres facteurs, comme la densité croissante des habitations (toits) et des surfaces imperméables (surfaces revêtues comme les routes et parkings), qui provoquent une évacuation plus rapide des eaux de pluie.
  • Depuis la fin des années 1970, on a pu observer par contre une nette augmentation des extrêmes annuels sur des durées de plus d’une semaine. La plupart des ces extrêmes annuels se produit en hiver.
  • Le nombre de jours avec précipitations neigeuses a connu une première diminution importante vers 1920 et une deuxième encore plus significative à la fin des années 1980. Cela peut être attribué à des températures hivernales plus douces.

Au niveau de la vitesse du vent :

  • Depuis le début des années 1980, la vitesse annuelle moyenne du vent a diminué d’environ 10 % dans différentes régions. Ce phénomène n’est cependant pas observé pour les mois d’hiver.
  • Le nombre annuel de jours de tempêtes (jours où la pointe maximale de vent a dépassé 70 km/h) peut fort varier mais ne montre pas d’évolution significative. Les analyses de différentes stations révèlent que le nombre de jours de tempêtes n’a pas augmenté au cours des 20 dernières années.
  • L’intensité des tempêtes n’a pas non plus augmenté au cours des dernières décennies.

Et dans l’avenir ?

Bien qu’il soit difficile de prédire l’évolution future des températures dans un pays petit comme le nôtre (entre autres suite à l’importante variabilité naturelle des températures), les prévisions font penser que d’ici la fin du 21ème siècle les températures estivales auront augmenté de 2,4 à 6,6 °C (avec des pointes exceptionnelles jusqu’à 50 °C) et les températures hivernales de 1,7 à 4,9 °C. En d’autres termes, la Belgique connaîtra un climat comparable à celui du sud de l’Espagne à l’heure actuelle.

Les hivers froids disparaîtront progressivement. Les écarts de températures entre le jour et la nuit s’amenuiseront, étant donné que les températures nocturnes maximales augmentent plus que les températures diurnes maximales. En même temps, la couverture nuageuse sera plus importante et le risque de vagues de chaleur extrêmes et de précipitations abondantes augmentera.

Des projections effectuées par des scientifiques de l’Université Catholique de Louvain (UCL) prédisent d’ici la fin du 21è siècle une situation comparable ou une diminution des précipitations en été (jusqu’à -50 %) et une augmentation de 6 à 23% en hiver. En hiver, le débit des différents bassins hydrauliques de notre pays augmentera de 4 à 28 %, ce qui entraînera un risque aigu d’inondations. Ces inondations occasionneront probablement des dégâts importants aux infrastructures routières, aux ponts et aux habitations dans les zones à risques, affaibliront les rives et provoqueront l’érosion dans les zones agricoles.

Des événements météorologiques extrêmes comme les épisodes de sécheresse et les tempêtes devraient normalement augmenter (peut-être 30% de tempêtes en plus d’ici l’an 2050).

2. Impacts sur la biodiversité

25 à 75% des espèces présentes dans notre pays courent le risque de voir leurs populations se réduire de manière plus ou moins importante. Plusieurs causes sont à l’origine de ce phénomène : atteinte à leurs habitats par le morcellement ou l’urbanisation, pollution des sols, des eaux et de l’air, etc. Les changements climatiques exercent une pression supplémentaire sur ces espèces et provoque en outre l’invasion d’espèces exotiques provenant des régions plus méridionales et supportant mieux la chaleur :

  • En Wallonie, la succession d’étés chauds et secs depuis quelques années a déjà permis de multiplier les observations de neuf espèces de libellules typiques des régions méridionales. Il en va de même en ce qui concerne d’autres espèces d’insectes (sauterelles, grillons, papillons…).
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  • Des recherches sur les espèces d’araignées présentes dans la ville d’Anvers menées par les frères Van Keer ont montré que plusieurs espèces de ces invertébrés à l’origine répandues dans des contrées plus chaudes y sont actuellement présentes. Tout porte à croire que ces espèces sont arrivées par leurs propres moyens à Anvers. On remarque aussi la présence à l’extérieur des habitations d’un certain nombre d’espèces d’araignées qui étaient auparavant des espèces typiques de l’intérieur. D’après les spécialistes des araignées, ces phénomènes indiquent clairement un réchauffement progressif du climat.

Plus d’infos :

  • Le climat en Belgique
  • Le rapport « Vigilance climatique » de l’Institut Royal Météorologique de Belgique (2009)
  • Le chapitre « Changement climatique » (en néerlandais) (pdf) du « Natuurrapport 2007 » - Toestand van de natuur in Vlaanderen : cijfers voor het beleid” de l’Institut flamand pour la recherche de la nature et de la forêt (Vlaams Instituut voor Natuur- en Bosonderzoek).
 
 
Dernière mise à jour : 15/02/2013