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La compensation volontaire de CO2 et l’avion
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Pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique il nous faut modifier voire supprimer certains comportements trop gourmands en énergie. Notre développement étant largement bâti sur la consommation d’énergie fossile (charbon, pétrole, gaz, etc.), il est difficile de s’en passer. On estime ainsi qu’en Belgique, chaque personne émet en moyenne l’équivalent de 12,4 tonnes de CO2 chaque année . Néanmoins, nous pouvons réduire cette consommation d’énergie et les émissions de CO2 qui en résultent et investir dans des énergies plus propres. Pour les émissions qui ne peuvent être évitées, la compensation volontaire de CO2 est une autre solution qui s’offre à nous.

1. Qu’est-ce que la compensation volontaire ?

La compensation volontaire de CO2 consiste à calculer et monétiser les émissions de gaz à effet de serre générées par certaines activités (transport, chauffage, etc.) et à investir dans des projets qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre d’un montant équivalent. Cette compensation, qui peut être totale ou partielle, est souvent réalisée via un investissement dans des projets menés dans les pays en développement, contribuant à un transfert de technologies vertes du Nord vers le Sud.

Le principe de la compensation est qu’une quantité de CO2 émise en un lieu donné peut-être « compensée » par une réduction dans un autre lieu puisque l’atmosphère ne « voit » pas la différence, et que le changement climatique est un phénomène global. Ce principe de « neutralité géographique » est également à la base des mécanismes de flexibilité mis en place par le Protocole de Kyoto.

En d’autres mots, c’est un mécanisme de marché par lequel une personne (physique ou morale) investit dans un projet en compensation des émissions de gaz à effet de serre générées par une de ses activités : soit les déplacements en avion, l’usage quotidien de la voiture, le chauffage des bâtiments d’une entreprise ou encore (plus récemment) les événements comme des concerts, festivals, etc.

Deux types de projets peuvent être distingués, selon qu’ils visent :

  • la réduction des émissions de gaz à effet de serre : utilisation d’énergies renouvelables, amélioration de l’efficacité énergétique, extraction et valorisation du méthane dans une déchetterie, etc.
  • la capture du CO2 atmosphérique : essentiellement par la plantation d’arbres (« puits de carbone »)

Il ne faut cependant pas perdre de vue que l’énergie la moins polluante restera toujours celle que l’on ne consomme pas !

2. Pourquoi compenser les vols en avion ?

Le transport aérien est de loin le moyen de transport le plus polluant. Il l’est d’autant plus que la distance parcourue est courte : pour 500 km, un avion consomme 5 fois plus de carburant qu’un train tandis que pour 1000 km la consommation est de 2,8 fois plus importante. Pour les déplacements sur des distances courtes et moyennes (jusqu’à 600 à 1000 km, en fonction des possibilités), le choix du train reste donc l’option à privilégier puisque son impact environnemental est nettement moindre.

Pour des distances plus importantes, le choix de l’avion s’impose toutefois. La compensation est donc particulièrement intéressante pour les voyages en avion car il s’agit d’une activité (de déplacement) dont les émissions ne peuvent être évitées à la source (sauf en rationalisant au maximum ses déplacements). Dès que l’on monte dans un avion, la facture en CO2 est particulièrement salée :

  • un A/R Bruxelles-New York conduit à l’émission de 767,5 kg de CO2 par personne pour la seule consommation de carburant. Mais si l’on prend en compte l’ensemble des émissions de l’avion (poussières, NOx, condensation, …), les émissions augmentent encore et peuvent même correspondre aux émissions dues au chauffage d’une maison individuelle durant une année complète !
  • la part du transport aérien international dans les émissions totales de l’Union européenne est de l’ordre de 3,3 %. Ces émissions ne sont pas couvertes par le Protocole de Kyoto.
  • les émissions de l’aviation internationale au niveau de l’UE-27 sont en augmentation constante depuis 1990, avec un taux de croissance annuel moyen de 4,5% , et les prévisions indiquent que le trafic aérien devrait plus que doubler entre 2005 et 2020.
  • le kérosène des avions n’est pas taxé, contrairement aux carburants automobiles.

Il faut donc utiliser ce moyen de transport avec discernement, ce qui va bien entendu à l’encontre de ce que nous offre le secteur, particulièrement les compagnies low-cost !

3. Comment fonctionne la compensation ?

1. Calcul des émissions de gaz à effet de serre (dans le cas de l’avion, sur base de la distance parcourue) :
Plusieurs sites internet proposent des modules de calcul. Une simulation des émissions de CO2 pour un même voyage peut donc donner des résultats sensiblement différents d’un calculateur à l’autre, notamment selon que l’impact « non-CO2 » de l’avion est pris en compte ou non. Certains calculateurs se basent sur des estimations moyennes, d’autres proposent un calcul plus affiné, selon le type d’appareil, la classe (économique ou business), le poids des bagages etc.).

2. Conversion monétaire de ces émissions :
Celle-ci s’effectue sur base de la quantité de CO2 estimée, et sur le prix de la tonne de CO2 ; ce dernier est très variable d’un opérateur à l’autre car il dépend du type de projets de réduction, du lien ou non avec le marché « institutionnalisé » du carbone (mécanismes de flexibilité du Protocole de Kyoto, système européen d’échange de droits d’émissions) ; il en résulte que pour un même vol, le coût de la compensation peut varier fortement suivant le choix de l’opérateur et le mode de calcul.

3. Investissement du montant dans un projet de réduction :
Les sommes recueillies sont soit investies dans des projets de réduction, soit utilisées pour acheter et annuler des « crédits CO2 » sur le marché du carbone (Kyoto ou système européen d’échange de droits d’émissions) ; selon les programmes, les projets de réduction sont très variables, selon le pays où le projet est développé (développé ou en développement), et le type de projet (énergie renouvelable, efficacité énergétique, puits forestier de carbone, etc.)

4. L’offre de compensation
De très nombreux opérateurs proposent des programmes de compensation des émissions de CO2. Il s’agit d’un marché naissant, encore très ouvert et relativement peu contrôlé. La qualité des programmes est donc très variable, en fonction du type de projet dans lequel les montants sont investis, et de la part des fonds qui sont réellement investis dans les projets de réduction (les structures et le fonctionnement propre des opérateurs absorbant une partie de ces fonds).

Afin de garantir la qualité de ces programmes, et d’assurer que les réductions de CO2 soient bien réelles, un certain nombre de standards ou de labels de qualité ont été développés, auquels souscrivent bon nombre d’opérateurs. La plupart des opérateurs publient des rapports annuels où l’on peut retrouver ce type d’information qui serviront à se forger une opinion sur les projets.

Une analyse comparative de la qualité de ces programmes a été réalisée pour le compte de la fédération IEW, elle est disponible ici

En Belgique, plusieurs opérateurs proposent ce service, notamment :

D’autres sites souvent cités :

Un site central vous permet également d’obtenir des informations sur la plupart des programmes de compensation disponibles dans le monde : www.carboncatalog.org

 
 
Dernière mise à jour : 22/03/2010