Du 1er au 7 octobre, le Panama a accueilli la 3e session des négociations internationales sur le climat en 2011, avec des réunions parallèles de l’AWG KP (Ad Hoc Working Group Kyoto Protocol) et de l’AWG LCA (Ad Hoc Working Group Long-Term Cooperative Action under the Convention).
Contrairement aux sessions organisées précédemment cette année (voir les sessions de Bonn et de Bangkok), les négociations se sont déroulées dans un climat relativement productif et constructif, qui n’a pas été dominé par des faits de procédure. A l’issue de la session, de nombreux textes ont été finalisés ; ils serviront de base aux décisions du COP à Durban.
Le principal point à l’agenda politique a été sans conteste la discussion portant sur une deuxième période d’engagement pour le Protocole de Kyoto (une exigence très forte et très claire du groupe G77), couplé à l’adoption d’une « road map » visant à négocier un résultat juridiquement contraignant pour la voie de la Convention (en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques).
A cet égard, les pays en développement veulent absolument conserver le firewall qui les sépare des pays développés. Toutefois, des pays de l’« Umbrella Group », et en particulier les Etats-Unis, continuent de poser une symétrie entre les efforts des pays industrialisés et des pays en développement comme une condition absolue.
Le dilemme est toutefois que l’UE estime qu’un mandat pour un accord juridiquement contraignant est nécessaire avant d’accepter une deuxième période d’engagement pour le Protocole de Kyoto, tandis que ce dernier point est une condition à une décision sur un mandat pour des pays en développement.
L’AWG KP (la voie Kyoto) a débattu de plusieurs amendements au Protocole qui portaient sur :
- la deuxième période d’engagement : ont notamment été abordées la durée de cette période et l’année de référence. La deuxième période d’engagement est le principal point à l’agenda de Durban, où des décisions politiques pourront être prises ;
- les objectifs en termes de réduction des émissions : ont été approfondis plusieurs éléments techniques, les difficultés qui vont de pair avec l’utilisation de différents objectifs de réduction (formulés par les parties dans le cadre de l’accord de Copenhague) et le transfert des droits d’émission restants (AAU) de la première période d’engagement ;
- la création d’un nouveau mécanisme de marché, qui ne fonctionnerait plus à l’échelle des projets ;
- l’éventuel ajout d’un nouveau gaz à effet de serre (NF3) et des secteurs de l’aviation et de la navigation maritime dans le calcul des émissions nationales ;
- le calcul de l’utilisation des terres et de la sylviculture, avec entre autres des discussions sur des perturbations naturelles, des produits récoltés des forêts, la définition de bois, l’utilisation flexible du sol, etc.
Dans l’AWG LCA (la voie de la Convention), les thèmes suivants ont notamment été abordés :
- vision partagée (shared vision) : sur ce point, les négociations étaient laborieuses comme d’habitude ; l’UE, soutenue par les pays Annexe 1 et l’alliance des petits états insulaires, continue d’axer le débat sur un objectif mondial à long terme d’ici 2050 et sur une année de pointe pour les émissions mondiales (autrement dit la concrétisation du mandat des accords de Cancún) ;
- mitigation : tant pour les pays développés que pour les pays en développement, des progrès ont été enregistrés dans l’élaboration de lignes directrices pour le rapport bisannuel et sa vérification en vue d’une comptabilité rigoureuse, fiable et transparente de leurs émissions. Les discussions visant à relever le niveau des ambitions mondiales ont également commencé ;
- adaptation : des progrès considérables ont été réalisés en se focalisant sur les modalités et les activités de l’« Adaptation Committee » ;
- financement : le thème du financement à long terme (basé sur les engagements de Copenhague et de Cancún) a donné lieu, comme de coutume, à d’intenses discussions. Sous la pression du G77, plusieurs propositions ont finalement été compilées dans un document qui doit jeter les bases de nouvelles discussions à Durban. Aucun progrès n’a été enregistré en ce qui concerne les missions et la composition du « Standing Committee » ;
- technologie : les discussions sur l’opérationalisation du « Technology Mechanism » ont été constructives, mais la plupart des problèmes politiques restent entiers ;
- « review » 2013-2015 : les discussions quant aux modalités de la « review » qui doit vérifier la concrétisation et l’adéquation de l’objectif de 2 °C ont permis d’aboutir à un document qui doit former la base d’une décision à Durban.
Plus d’informations : des images et un rapport détaillé en français et en anglais