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De Kyoto à Copenhague

Les réductions d’émissions fixées par le Protocole de Kyoto définissent de manière très précise les réductions d’émissions de gaz à effet de serre que doit réaliser chaque Partie durant la période 2008-2012 (la première « période d’engagement »), par rapport à l’année de référence, 1990.

Mais le Protocole ne définit pas quelles seront les réductions d’émissions à atteindre après 2012. L’article 3.9 prévoit certes que des discussions devront être initiées fin 2005 en vue de fixer les objectifs pour les pays industrialisés durant la période d’engagement suivante (la période après 2012).

Les premiers préparatifs à ce sujet ont d’ores et déjà été entamés. Durant la 10ème Conférence des Parties (CoP 10) à la Convention-cadre sur les changements climatiques qui s’est tenue en décembre 2004 à Buenos Aires, il fut décidé d’organiser, en mai 2005, un premier échange d’opinions informel relatif à la politique climatique actuelle et future entre les pays industrialisés et les pays en développement. Certains pays en développement (parmi lesquels l’Afrique du Sud, le Mexique, l’Argentine, le Brésil et Tuvalu) adoptèrent une position très proactive durant cette session qui s’avéra étonnamment constructive.

Cet échange de points de vue sous la forme de ce que l’on appelle un Séminaire d’experts gouvernementaux, ainsi qu’un certain nombre de réunions informelles avec les principaux protagonistes, entre autres au Groenland et à Ottawa et organisées en partie à l’initiative de la rencontre du G8 dans la ville écossaise de Gleneagles ont permis, lors de la 11ème Conférence des Parties à la Convention-cadre, qui était aussi la première réunion des Parties au Protocole de Kyoto (COP.11- COP/MOP.1) et qui s’est tenue à Montréal fin 2005, d’atteindre un accord sur un processus relatif aux discussions sur l’avenir du régime climatique international, accord appelé Plan d’action de Montréal.

Ce Plan d’action se compose de deux voies parallèles :

  • un Groupe de travail ad hoc sur les engagements futurs pour les Parties de l’Annexe I qui devait déboucher ausi vite que possible sur un accord relatif aux engagements futurs des pays industrialisés dans le cadre du Protocole de Kyoto pour la période après 2012.
  • un Dialogue de convention, c’est-à-dire un dialogue ouvert et non contractuel visant à mettre au point des solutions nationales et internationales efficaces au problème du climat avec une participation aussi large que possible des pays.

C’est dans les dernières heures avant l’aube lors de la COP.11 & COP/MOP.1 que ce que l’on appelle la ‘Proposition russe’ a vu le jour. Cette proposition de la Fédération de Russie plaide en faveur d’une procédure qui doit permettre aux pays qui ne sont pas soumis à des obligations en vertu du Protocole de Kyoto, de souscrire de manière volontaire à de tels engagements.

La 12è Conférence des Parties (COP.12-COP/MOP.2) s’est tenue à la mi-novembre 2006 à Nairobi (Kenya). Les attentes liées à cette réunion étaient particulièrement hautes, suite à la grande couverture des médias sur le problème du changement climatique à la fin de l’année 2006, la publication du Rapport Stern, la publicité dont avait bénéficié le film ”An Inconvenient Truth”’ d’Al Gore, l’hiver particulièrement doux en europe de l’Ouest et la publication décapante du 4ème Rapport d’évaluation du GIEC.

De plus, au moment où se rapproche petit à petit, dans le cadre du dossier de l’après 2012, le moment où les négociations sur les engagements ultérieurs devront réellement débuter, on veut éviter qu’un fossé se creuse entre la première et la deuxième période d’engagement du Protocole de Kyoto.

La conférence de Nairobi n’a pas débouché, comme l’espéraient certains, sur des accords politiques retentissants concernant la politique à long terme du climat, mais bien sur entre autres l’adoption d’un programme de travail pour le “Groupe de travail ad hoc” créé lors de la COP 11 et qui :

  • pour la première fois dans l’histoire des pourparlers sur le climat menés dans le cadre des Nations Unies fixe le niveau d’ambition pour la politique du climat en termes quantitatifs (une diminution des émissions de 50 % d’ici 2050),
  • couple les obligations futures des pays industrialisés au contexte global,
  • marque le début d’un processus par lequel les Parties analyseront en 2007 le potentiel futur de réductions, les coûts qui y sont liés et les options pour l’architecture du futur cadre.

Le Dialogue de convention par contre ne fut que peu interactif, à la déception de nombreuses délégations.

Conformément à l’Article 9 du Protocole de Kyoto, les délégués à la Conférence de Nairobi devaient entamer les discussions relatives à une révision complète de celui-ci. Ces discussions purent être menées de manière très fructueuse, en dépit d’importantes divergences de départ, avec le lancement d’un processus qui doit revoir en profondeur le Protocole en 2008.

La discussion ultérieure de la ‘Proposition russe’ souleva d’intenses tensions, avec le refus catégorique de la Chine, l’Inde et l’Arabie saoudite qui au départ ne voulaient pas entendre parler de la simple inclusion de ce thème à l’agenda. Un accord put cependant être atteint sur l’organisation d’un atelier relatif à cette proposition en 2007.

 
 
Dernière mise à jour : 25/02/2011